
Depuis 1923, cette épreuve de 24 heures -dont on doit la paternité à Charles Faroux, journaliste ; Emile Coquille, industriel et Georges Durand, Secrétaire Général de l'Automobile Club de l'Ouest- est organisée sur un circuit non-permanent "pour mettre en valeur les qualités routières des véhicules figurant au catalogue des constructeurs". Les noms des plus grands pilotes figurent au palmarès des 24 Heures du Mans et chaque époque voit la domination d'une marque qui prouve là sa robustesse et son endurance.
La première marque à gagner l'épreuve est Chenard & Walker. Puis à partir de 1927, dès qu'un constructeur possède une voiture fiable et éprouvée, il est difficile à la concurrence de venir l'inquiéter. Bentley ouvre le bal avec 5 victoires dont 4 d'affilée.
En 1931, les Alfa Romeo 2,3L prennent la main quatre fois de suite, avant de céder la place à Lagonda qui s'effacera à son tour devant Bugatti, qui remportera deux victoires, entre lesquelles s'immiscera Delahaye.
En 1949, pour la première épreuve de l'après guerre, de nombreuses marques disparaissent au profit de nouvelles. C'est d'ailleurs un tout nouveau constructeur -Ferrari- qui s'adjuge la victoire. Le début des années 50 porte indéniablement l'empreinte Jaguar, Types C et D en tête. Durant cette période, Talbot (1950), Mercedes (1952) et Ferrari (1954) réussissent quand même à inscrire leur nom sur le Grand Livre d'Or des 24 Heures.
À partir de 1958, Ferrari cumule sept victoires, laissant cependant Aston Martin gagner en 1959.
En 1966, Ford impose le "moteur central" et terrasse Ferrari pendant deux années de duels spectaculaires. Le géant américain persiste et signe en 1968 et en 1969, la GT 40 acquiert ses lettres de noblesse.
C'est alors au tour de Porsche -qui change de vitesse et bat des records qui tiennent toujours (222,3 km/h de moyenne sur 24 h en 1971)- de s'imposer. Cependant, en 1972, une modification du règlement anéantit les 917. Fins prêts, les V12 de Matra prennent la relève pour 3 victoires d'Henri Pescarolo, puis... s'en vont.
L'édition 1975 est domptée par la Gulf Mirage (1ère et 3ème places) qui permet à John Wyer de rejoindre les rangs des maîtres de l'endurance. C'est également la première des trois années victorieuses successives de Jacky Ickx (ensuite sur Porsche) qui donnent au champion belge l'occasion de partager le record des victoires avec son compatriote Olivier Gendebien. Cependant, en 2005 ce sera le Danois Tom Kristensen qui prendra la relève sur Audi avec une septième victoire.
En 1978, c'est au tour du Coq Gaulois de chanter. Renault gagne sur toute la ligne avec l'Alpine qui, aux mains des Français Didier Pironi et Jean-Pierre Jaussaud, tient la dragée haute de bout en bout à Porsche alors que celle d'un autre pilote français, Jean-Pierre Jabouille s'accapare le record absolu.
En 1979, le circuit est modifié. Juste avant qu'apparaissent sur la piste les Ferrari BBLM et les BMW M1 et que Porsche attaque une collection de victoires dont le nombre reste de nos jours inégalé.